News

Amorce d’une nouvelle crise internationale sur la péninsule coréenne

Cette photo fournie par l’agence de presse officielle de la Corée du Nord montre le lancement d’un missile hypersonique, depuis Toyang-ri, le 28 septembre. Le contenu de cette image ne peut être vérifié de manière indépendante.

Tirs répétés de missiles et rejet de l’offre de reprise de dialogue des Etats-Unis tant qu’ils poursuivront une « politique hostile » : la République populaire démocratique de Corée (RPDC) s’est lancée dans une nouvelle escalade qui « favorise l’instabilité et l’insécurité », selon le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken. 

Après avoir testé en début de semaine un missile hypersonique, Pyongyang a annoncé avoir tiré, jeudi 30 septembre, un missile antiaérien « récemment développé ». Si ces informations sont confirmées, ces deux missiles témoigneraient d’avancées technologiques importantes. Le premier, en particulier, est plus difficile à détecter et donc à intercepter.

A la demande des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité des Nations unies doit tenir, vendredi 1er octobre, une réunion d’urgence à huis clos. Prévue jeudi, cette réunion a été repoussée de vingt-quatre heures à l’instigation de la Chine et de la Russie. Jusqu’à présent, le Conseil de sécurité n’a pris de sanctions à l’égard de la RPDC qu’à la suite de tirs de missiles à longue portée ou d’essais nucléaires – suspendus depuis 2017.

« Droit légitime à l’autodéfense »

Le missile hypersonique a été lancé peu avant que l’ambassadeur nord-coréen, Kim Song, prenne la parole, le 27 septembre, devant l’Assemblée des Nations unies pour affirmer que « personne ne peut nier à la RPDC le droit légitime à l’autodéfense ou à développer, tester, fabriquer et posséder des armes ». Un argument régulièrement invoqué par Pyongyang.

Le regain de tension créé par ces tirs de missiles au cours des deux dernières semaines a en effet pour contrepoint des ouvertures du régime en direction de la Corée du Sud. Devant l’Assemblée suprême du peuple, qui se tient actuellement à Pyongyang, le dirigeant Kim Jong-un a ainsi annoncé le rétablissement du « téléphone rouge » entre Pyongyang et Séoul, coupé depuis août, quelques jours après un premier rétablissement, en raison de manœuvres militaires américano-sud-coréennes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les nouveaux tirs de missiles nord-coréens suscitent l’inquiétude

Il s’est en outre montré réceptif à l’appel du président sudiste Moon Jae-in adressé devant l’Assemblée des Nations unies aux deux Corées, aux Etats-Unis et à la Chine (principaux belligérants de la guerre de Corée, 1950-1953) pour signer une déclaration mettant fin à un conflit suspendu à un simple armistice. Un premier pas vers une détente « favorisant des négociations sur la dénucléarisation », avait alors estimé M. Moon.

« Crise alimentaire »

Sans rejeter cette proposition, la sœur et porte-parole du dirigeant, Kim Yo-jong, l’a jugée prématurée. Au cours de l’Assemblée du peuple, Kim Yo-jong a été nommée membre de la Commission des affaires de l’Etat, instance dirigeante suprême présidée par Kim Jong-un. Une promotion qui confirme le rôle de premier plan que celle-ci joue dans le régime.

Il vous reste 48.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.